introduction

Aujourd’hui, lorsque l’on entend parler de transactions, on pense implicitement à des échanges monétaires ou économiques, sans imaginer que leurs fondements puissent s’appuyer sur des mécanismes plus internes et psychologiques, dans laquelle on monnayerait des sentiments plutôt que des dollars ou des euros.

Eric Berne
est considéré comme le père de l’Analyse transactionnelle (AT). Dans les années 1950, il a popularisé les concepts d’ «Etats du Moi» et de «Transactions». Bien que ces notions puissent à juste titre être considérées comme réductrices, elles ont tout de même un grand intérêt car elles nous permettent de décoder beaucoup de situations relationnelles courantes. Munis de ce décodage nous serons alors, dans une certaine mesure, capables d’y apporter des améliorations.
Voyons cela de plus près.

Les états du moi

Eric Berne a identifié trois états du moi fondamentaux, appelés aussi «fonctions», qui s’expriment en nous avec une force plus ou moins grande selon les moments :

  1. L’état Adulte : l’Adulte est l’état rationnel. Il n’est pas censé subir des émotions perturbatrices ni des projections inconscientes. Bien sûr, un tel état n’existe pas vraiment à l’état pur. Mais on verra avec les transactions qu’il induit un mode de conversation qui est, quant à lui, parfaitement identifiable.
  2. L’état Parent : On appelle cet aspect « Parent », parce que ses comportements ressemblent à ceux d’un parent face à des enfants dont il a la charge. Mais cet état peut tout aussi bien se manifester dans des rapports hiérarchiques (le « chef » manifestant un état Parent), ou même dans un couple. On distingue le Parent normatif : « tu n’as pas fait ce qu’il fallait faire » du Parent nourricier : qui nourrit, protège, console.
  3. L’état Enfant : position inverse de celui du Parent, l’Enfant intériorise une position de subordination. Tout comme pour la fonction Parent, on distingue l’Enfant libre (attitude spontanée, sans se soucier des conséquences), de l’Enfant adapté qui est lui-même subdivisé en Enfant rebelle (dit non à tout) et Enfant soumis (« excuse-moi : je ferai mieux la prochaine fois »).

L’intérêt majeur des états du moi de Berne est qu’il s’identifie facilement dans les transactions que nous allons décrire maintenant.

Les transactions

Pour l’analyse transactionnelle, tout échange (verbal ou non verbal) entre deux personnes est une transaction, au sens ou cela nourrit émotionnellement ceux qui participent à la transaction, tout comme la nourriture physique nourrit le corps. Berne est l’un des tous premiers auteurs à mentionner que la nourriture émotionnelle que procure une transaction justifie sa recherche à tout prix, quand bien même cette transaction nous serait apparemment défavorable (dans le fameux triangle « Bourreau, Victime, Sauveur » mentionné également par Berne, la victime recherche autant la transaction que le bourreau ou le sauveur) : tout vaut mieux que l’indifférence.

La plupart du temps, une transaction prend la forme d’un échange verbal qui peut durer parfois très longtemps
, quand bien même son contenu n’aurait pas d’intérêt majeur. Il en est ainsi des discussions autour de la machine à café, aux comptoirs des bars, et même souvent des échanges téléphoniques entre amis : la conversation apporte un échange nourrissant émotionnellement, et se poursuit sans autre but que de continuer la conversation le plus longtemps possible.

Transactions et états du moi

La combinatoire entre transactions et états du moi nous permet de décoder beaucoup de situations courantes, dans des contextes aussi bien familiaux, amicaux que professionnels. En coaching, le décodage des transactions nous aidera à mieux comprendre les ressorts de certaines situations répétitives où nous nous trouvons et de pouvoir ainsi trouver des clés de changement.

Dans un prochain article, j’entrerai plus en détail dans les manifestations des états du moi dans les transactions.

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