Lorsque un être humain naît, on a coutume de dire qu’il « vient au monde ». Pourtant, lors de ses premiers mois d’existence, le monde est complètement indéchiffrable au nouveau-né. Et il faudra des années d’attention et de sollicitude de la part des adultes qui l’accompagnent avant que l’univers qui l’entoure prenne sens pour lui.

Rendre le monde intelligible à l’être humain, c’est ce que l’ « éducation » apporte. Prodiguée par la famille, l’école, le milieu du travail et les médias, cet ensemble de constructions du monde finit par nous procurer la carte qui nous permet de nous mouvoir dans « le monde ».

Chaque culture comprend sa propre description du monde : la civilisation occidentale procure une description du monde très différente de celles des peuples premiers. En ce sens, la description du monde est une carte que nous avons intériorisée au plus profond de notre cerveau. En fonction de notre lieu de naissance et de la culture qui nous a vus grandir, notre description générale du monde sera sensiblement différente de celle d’autres personnes, élevées différemment.

Ce qui est vrai au niveau général s’avère également valide à un niveau plus particulier. Chaque classe sociale, et même chaque famille transporte avec elle des paradigmes qui, une fois intériorisés, deviennent « la » description du monde des personnes qui y appartiennent : les valeurs qui y sont véhiculées deviennent alors absolument incontestables. Enfin, chaque individu ayant son histoire propre, certaines croyances (« Je suis nul en maths », « je n’ai pas de chance », etc.) deviennent également des éléments intégrés de notre carte du monde.

Quand bien même d’autres valeurs et d’autres croyances existent simultanément chez nos voisins proches, nous avons tellement intériorisé notre carte du monde que nous la confondons avec le territoire : le monde qui nous entoure qui, parfois, résiste avec entêtement avec ce que notre carte indique.

C’est de cette différence entre la carte et le territoire que surgissent parfois des problèmes pour lesquels nous pensons ne pas avoir de solutions. Ainsi, si notre carte indique une région où nous sommes « nuls », alors nous considérerons que cette région nous est définitivement inaccessible. De la même façon, mais à l’inverse, nous pouvons répéter inlassablement des comportements que la carte nous indique comme faciles d’accès. Par exemple, si j’ai intégré « Je suis jaloux » dans ma carte intérieure, alors mon comportement de jalousie se répétera souvent, tant que je croirai à l’équation « moi = jaloux ».

Lors d’un travail en coaching, il est souvent question de notre carte du monde, des croyances que nous avons intériorisées, et des problèmes « sans issue » que cela entraîne.

Bien sûr, certains éléments de la carte sont réellement intangibles. Par exemple, nous sommes nés humains, et non pas poisson : respirer sous l’eau (sans bouteilles à oxygène) nous sera toujours inaccessible, même après un coaching approfondi!

En revanche, certains éléments de la carte peuvent n’être pas aussi solides que nous le pensons. Dans ce cas, il nous sera possible d’agrandir la carte : la carte de nos possibles. Et certaines voies que nous considérions auparavant comme « sans issue » pourraient bien s’ouvrir devant nous.

Note: la notion de carte et de territoire a été popularisée par la PNL (programmation Neuro Linguistique). Cette notion est fondamentale dans la conduite d’un coaching en PNL.