Vous êtes ici

  1. Contrepoint à propos de la santé

Le cholestérol, ami ou ennemi ?

Le cholestérol – ami ou ennemi ?

Introduction 

 

Qu’est-ce que le cholestérol ?

Le cholestérol est une biomolécule très répandue chez la plupart des organismes animaux, mais absente des végétaux et des micro-organismes.

 

C'est un solide blanc, cristallin, insoluble dans l'eau, soluble dans les liquides organiques hydrocarbonés solvants des corps gras (lipides).

 

Baptisée « cholestérine » (du grec cholé, « bile », et stereos, « solide ») par le chimiste français Chevreul en 1815, puis « cholestérol » par Berthelot en 1859, à cause de la fonction alcool qu'elle porte, la molécule de cholestérol existe dans les cellules ou les liquides biologiques sous forme libre ou sous forme combinée. Les fonctions physiologiques attachées à ces deux formes sont spécifiques .

(Source Encyclopaedia Universalis)

 

A quoi sert  le cholestérol ?

Le cholestérol est pour les animaux un nutriment fondamental.

  • Il est indispensable à ceux d'entre eux qui, comme les insectes, ne peuvent en faire la synthèse.
  • De même il est indispensable à certaines cultures cellulaires de mammifères (il est apporté par le sérum du milieu de culture), ce qu'explique son rôle structural fondamental dans les membranes de ces cellules.
  • C'est ensuite un précurseur des acides biliaires qui favorisent la digestion et l'absorption intestinale des lipides alimentaires, que ce soient des acides gras ou encore des composés liposolubles tels que les vitamines A, D et K.
  • C'est enfin la matière première utilisée par l'organisme humain dans la synthèse d'hormones (notamment les hormones sexuelles) intervenant dans la régulation de mécanismes nutritionnels et d'activités comportementales.

(Source Encyclopaedia Universalis)

 

Comment le cholestérol est-il transporté dans le sang ?

  • Le cholestérol circulant dans le sang se distribue pour moitié dans les globules rouges et pour moitié dans le plasma.
  • Le taux plasmatique du cholestérol (cholestérolémie) est de l'ordre de 2 g par litre. La cholestérolémie varie avec le sexe, l'âge (de 1,7 chez le jeune à 2,5 g/l vers 50 ans) et le régime alimentaire de l'individu.
  • De même que les autres composés lipidiques, insoluble dans l'eau, phospholipides et triglycérides, le cholestérol est transporté au sein d'entités spécifiques du plasma, les lipoprotéines. Dans ces particules qu'on peut classer d'après leur densité et leurs caractères physico-chimiques en différentes populations.
  • Les lipoprotéines sont classifiées selon leur poids moléculaire :
    • HDL (High Density Lipoprotein)
    • LDL (Low Densisty Lipoprotein)
    • VLDL (Very Low Densisty Lipoprotein)
  • Ce sont les lipoprotéines VLDL à très faible densité (0,960 à 1,006 g/l) et LDL à faible densité (1,006 à 1,063 g/l) qui sont les plus riches en cholestérol, au moins chez l'homme. Il en est différemment d'autres espèces animales.

(Source Encyclopaedia Universalis)

 

  • Il faut souligner que les lipoprotéines ne transportent pas, loin de là, que du cholestérol. Elles contiennent également des acides gras qui sont indispensables aux cellules. Faire baisser le taux de ces lipoprotéines pour baisser le cholestérol a également des conséquences secondaires : moins d’acides gras distribués aux cellules.

 

 

La thèse officielle sur les dangers du cholestérol

  • La thèse officielle, soutenue jusqu’à ce jour par les pouvoirs publics et les laboratoires pharmaceutiques est la suivante :
  • L'implication du cholestérol dans diverses déviations pathologiques, notamment les maladies cardio-vasculaires ischémiques, justifie l'intérêt que lui porte la recherche biomédicale, souligne son importance physiologique au service de la cellule et de l'organisme. (1)

 

Ce que montrent réellement les études

 

  • Le Dr Michel De Lorgeril, cardiologue et chercheur au CNRS, est ce que l’on appelle aujourd’hui un « lanceur d’alerte ». Depuis plusieurs années, il analyse les différentes études qui ont conduit à l’affirmation du danger du cholestérol et démontre que celles-ci ne permettent pas de  conclure à un rôle déterminant du cholestérol dans les maladies cardio-vasculaires. Selon son point de vue, en conclusion de son livre « Cholestérol, Mensonges et propagande », il affirme :
  • Le cholestérol est innocent : il ne bouche pas les artères.
  • Espérer qu’en diminuant son cholestérol on va améliorer son espérance de vie et réduire le risque de faire un infarctus est une illusion.
  • Les médicaments et les diététiques anti-cholestérol se sont avérés inefficaces  et ne sont pas dépourvus d’effets indésirables qui, à long terme, pourraient être tragiques, ou du moins beaucoup plus dangereux que ce que les experts prétendent aujourd’hui. (2)
  • Le livre de Michel de Lorgeril s’attache à démontrer ces affirmations en reprenant point par point les principales études effectuées sur ce sujet et en montrant que : 

1)   La plupart des études ont été conduites par des laboratoires dont l’intérêt principal était de vendre des médicaments contre le cholestérol et qui, par conséquent, avaient tout intérêt à obtenir des conclusions conformes à leurs attentes.

2)    Certaines études ont été volontairement « truquées », ce qui a fait l’objet de divers scandales dans le monde scientifique quand les manipulations ont été découvertes, parfois des années après leur publication. 

3)   D’autres études ont tout simplement été enterrées, jamais publiées tant leurs résultats infirmaient la théorie du cholestérol. Avec parfois du retard, le congrès américain a finalement obligé leurs commanditaires à les publier (puisque les autorisations de mises sur le marché des médicaments leur étaient subordonnées). De nouveaux scandales sont alors apparus, abondamment commentés dans la presse anglo-saxonne, mais « oubliés » en France.

4)   A la suite de ces scandales, les nouvelles études ont publiées dans les délais, avec là encore des résultats défavorables à la théorie du cholestérol. Toutefois, dans les médias (y compris scientifiques, dans des revues destinées à des médecins), les auteurs de ces études tiraient des conclusions diamétralement opposées aux résultats de leurs études. Pour des médecins pressés ne lisant que la conclusion, la théorie du cholestérol restait (et reste encore) confirmée.

 

 

Le cholestérol et l’athérosclérose

L’athérosclérose

  • L'athérosclérose est une lésion de la couche interne (intima) des artères. Chez l'homme, elle est la cause dominante des obstructions qui touchent les artères de gros et moyen calibre dans la grande circulation – celle qui véhicule le sang depuis le ventricule gauche du cœur vers tous les organes.
  • Les maladies issues de l'athérosclérose résultent d'une ischémie, ou insuffisance d'apport sanguin à l'organe irrigué par l'artère obstruée. La variété des manifestations de l'athérosclérose vient de la diversité de ses localisations. Tous les organes peuvent être atteints par une ischémie d'origine athéroscléreuse, mais les trois cibles principales en sont :
    • le muscle cardiaque (myocarde) par l'obstruction des artères coronaires,
    • le cerveau par l'obstruction des artères cérébrales (artères carotides et vertébrales au niveau du cou, et leurs branches dans le crâne),
    • les membres inférieurs par l'obstruction des ramifications terminales de l'aorte qui leur sont destinées (artères iliaques, fémorales, poplitées, jambières).
  • Se manifestant essentiellement après 40 ans, et avec une fréquence accrue à mesure que l'âge avance, l'athérosclérose est, avec les cancers, une des deux causes premières de maladie et de mort dans les pays occidentaux. Ses causes et ses mécanismes restent incomplètement élucidés.

(Source Encyclopaedia Universalis)

 

 

Mécanisme de l’athérosclérose : formation des plaques athéromateuses

  • La lésion de la couche interne d’une artère se traduit, au bout d’un certain nombre d’années, par la formation d’une plaque interne qui grossit peu à peu.
  • La formation des plaques se déroule sur plusieurs décennies. Dans les artères coronaires, par exemple, d'authentiques plaques ne s'observent guère avant l'âge de 20-25 ans. Elles s'y forment suivant une succession de remaniements de l'intima artérielle qui débutent dès l'enfance (1).
  • À la naissance existent des épaississements fibreux et musculaires de l'intima formés durant la vie fœtale en certains points « sensibles » du réseau artériel, sans doute pour renforcer la résistance de l'artère aux contraintes imprimées localement par l'écoulement du sang. Sur ces structures normales, existant chez tout individu, s'opère une transformation progressive marquée par :
    • le dépôt de lipides, où prédomine le cholestérol, aboutissant à l'athérome ;
    • et le renforcement du compartiment fibreux, aboutissant à la sclérose.

(Source Encyclopaedia Universalis)

 

  • C’est lors de la rupture du compartiment fibreux que peuvent se produire les accidents les plus graves  car cette rupture déclenche la formation d’un caillot qui est entraîné par le flot sanguin et peut bloquer entièrement l’artère à un moment ultérieur de son parcours.  Dans un tel cas, les organes irrigués par l’artère en question (cœur, cerveau, …) ne reçoivent plus le sang riche en oxygène apporté par l’artère et se nécrosent. Dans certains cas, la mort peut alors survenir rapidement.

 

  • Toutefois, comme le fait remarquer le Dr De Lorgeril, le « compartiment fibreux », la sclérose, est une sorte de tissus cicatriciel (ou de fibrose) formé de fibres de collagène, d’élastine et de celulles (de type fibroblaste ou fibrocyte). C’est du tissu inflammatoire chronique.(1)
  • Le cholestérol ne joue aucun rôle dans la sclérose (ou la fibrose) qui représente en moyenne 70% de la lésion d’athérosclérose. C’est cette partie inflammatoire et dure de la lésion que le cardiologue fait exploser avec son ballonnet lors d’une angioplastie (traitement très efficace de l’athérosclérose) . (2)

 

Maladies imputables à l’athérosclérose

  • L'athérosclérose ne se localise qu'en certains segments des artères de gros et moyen calibre, correspondant généralement à des zones où la circulation du sang soumet la paroi de l'artère à des contraintes physiques particulières : courbures, bifurcations, branchements.
  • La manifestation la plus commune est la maladie coronaire ou ischémie du myocarde par athérosclérose coronaire  . Les lésions responsables se situent principalement sur les origines et les premiers centimètres des artères coronaires : artère coronaire droite et artère coronaire gauche avec son court tronc commun qui se divise en artères interventriculaire antérieure et circonflexe.
  • L'athérosclérose coronaire peut se manifester soit par une angine de poitrine (douleur vive, en étau, du thorax, irradiant parfois vers le bras gauche ou vers la mâchoire), traduisant une insuffisance temporaire de l'apport de sang au myocarde, typiquement à l'occasion d'un effort physique, mais parfois aussi spontanément en dehors de tout effort ;
  • soit par un accident aigu, quand une partie du myocarde est brutalement privée de tout apport sanguin, ce qui provoque un infarctus du myocarde (mort ou nécrose du muscle) ou parfois un décès subit.
  • L'ischémie cérébrale se manifeste par des attaques (ictus, apoplexie), souvent une paralysie d'une moitié du corps (hémiplégie) qui peut être durable ou transitoire.
  • L'ischémie des membres inférieurs provoque une douleur musculaire à la marche (claudication intermittente) et peut, quand elle est sévère, déterminer la survenue de gangrènes du pied.
  • Moins communément, d'autres territoires peuvent être atteints, avec des conséquences très variées : reins, intestins, membres supérieurs, yeux... L'ischémie du myocarde est presque exclusivement d'origine athéroscléreuse.
  • En revanche l'ischémie des membres inférieurs et plus encore celle du cerveau ressortissent souvent à d'autres causes : embolies d'origine cardiaque, maladies artérielles distinctes de l'athérosclérose.

 

(Source Encyclopaedia Universalis)

 

Y-a-t-il un lien causal avéré entre un taux de cholestérol élevé et un risque de déclenchement d’une maladie cardio-vasculaire ?

La thèse officielle :

  • L'excès de cholestérol est donc un des agents d'irritation qui concourt à la formation et à la progression des plaques d'athérosclérose. Nous tenons sans doute là un coupable de premier plan, et disposons de moyens efficaces pour le maîtriser. Il s'agit d'un progrès décisif, dont cependant toutes les implications n'ont pas encore été parfaitement définies.
  • L'hypercholestérolémie est fréquente : en France, plus d'un adulte sur deux dépasse le seuil de cholestérolémie (2,2 g/l) au-delà duquel le traitement s'avère bénéfique pour les artères coronaires. La moitié de la population doit-elle être surveillée et traitée pour son cholestérol ?

 

  • De plus, le cholestérol n'est pas une explication complète de l'athérosclérose, c'est-à-dire une condition nécessaire et suffisante de la maladie :
    • elle reste loin de disparaître complètement quand le cholestérol a été durablement abaissé ;
    • elle peut frapper lourdement des malades dont le cholestérol est strictement normal ou même bas, et épargner de nombreuses personnes dont le cholestérol est élevé.

(Source Encyclopaedia Universalis)

 

Ce que montrent réellement les études

  • Comme on l’a déjà montré dans un paragraphe précédent, les études scientifiques ne démontrent pas la relation de cause à effet entre le cholestérol et les maladies cardio-vasculaires.

 

 

 

Le traitement médical « orthodoxe » contre le cholestérol : les statines

Principe de fonctionnement des statines

·      Leur principal effet pharmacologique consiste à réduire de façon dose-dépendante (— 30 p. 100 à — 60 p. 100) le cholestérol transporté par les lipoprotéines de basse densité (LDL-cholestérol) ; ces lipoprotéines étant capables de pénétrer dans la paroi des artères et d'y provoquer les dépôts de cholestérol qui participeront à la formation des plaques d'athérome.

  • L'homme synthétise quotidiennement environ 800 mg de cholestérol, soit environ 70 p. 100 de la quantité totale de cholestérol mise à la disposition de l'organisme. Les statines réduisent cette synthèse de novo en inhibant l'activité d'une enzyme clé dans la régulation de la synthèse du cholestérol endocellulaire (l'hydroxy-méthyl-glutaryl CoA réductase).

 

Consommation de statines dans le monde et en France

  • Dans le monde, les statines sont consommées plus ou moins régulièrement par des centaines de millions de personnes. Cette classe de médicaments génère des milliards d’euros de bénéfices (2).
  • En France, les statines sont consommées par 7 millions de personnes. Elles constituent la 2ème classe de médicaments remboursés par l’Assurance-Maladie, ce qui représente un montant de  980 millions d’euros (2006) pour la collectivité (2).

Effets secondaires des statines

Il y a de nombreux effets secondaires, dus aux statines, documentés dans la littérature médicale. Citons simplement les principaux :

  • Effets sur les muscles et ligaments, provoquant des douleurs telles que les patients qui les subissent doivent arrêter toute activité physique (ce qui,  dans le cas de patients cardiaques, augmente encore les risques d’infarctus du myocarde).
  • Augmentation des risques de cancer (2)
  • Augmentation du nombre de cataractes. (2),
  • Déclin cognitif (problèmes de mémoire notamment) (2)

 

 

Les statines protègent-elles vraiment des maladies cardio-vasculaires ?

 

  • Les différentes études épidémiologiques sèment le doute
  • L’étude Aspen, en 2006,  a testé l’effet d’une prise de 10 mg d’atorvastatine :
    • on obtient 30 % de réduction du cholestérol …
    • mais les décès cardiaques sont identiques,
    • les avc idem

 

  • La consommation massive de statines a-t-elle entrainé une diminution de la fréquence des infarctus ? (voir graphique ci-dessous)

 

 

On voit sur ce graphique: (source : BMJ 2004-11-12)

  • d’une part les admissions en hôpital en France pour infarctus du myocarde entre 1996 et 2002
  • d’autre part le taux de prescription de statines pour 1000 habitants.

 

On voit ici que, malgré une forte croissance des prescriptions de statines, le nombre d’infarctus du myocarde reste quant à lui assez stable.

 

Comment se protéger des maladies cardio-vasculaires ?

 

  • Les maladies cardio-vasculaires sont essentiellement le résultat de nos modes de vies et, en particulier :
    • de notre alimentation :
      • surconsommation de lipides oméga6 qui favorisent l’inflammation, donc la partie « sclérose » de la plaque d’athérosclérose,
      • sous-consommation de lipides oméga 3 qui, eux, protègent nos artères.
      • La cigarette : le fait d’être fumeur augmente considérablement les risques d’avoir une maladie cardio-vasculaire.
  • Lors d’une des premières études effectuées sur le cholestérol – l’étude des 7 pays effectuée en 1955, les scientifiques ont été très surpris de la différence de mortalité par maladie cardio-vasculaires entre différents pays. Par exemple, sur 10 000 personnes, il y avait 9 morts par maladie cardio-vasculaire en Crète, contre 992 en Carélie du Nord (Finlande), en passant 66 chez les japonais et 570 chez les américains. C’est cette étude qui est à l’origine du concept de « régime méditerranéen ». En effet, l’explication la plus plausible pour cette différence de mortalité résidait dans le régime alimentaire des populations concernées.
  • En France, la mortalité par maladie cardio-vasculaire est beaucoup plus grande dans le nord (« frites+viande+bière ») que dans le sud (plus proche du régime méditerranéen): le vin à doses modérées est un protecteur des artères.

 

 

Ci-dessous, informations extraites du site  du centre national de documentation pédagogique (CNDP) : http://www2.cndp.fr/themadoc/besoins/_grosplan.htm 

 

 

 

 

 

Rappel : La mortalité, ou taux de mortalité, est le nombre de décès annuels rapportés au nombre d'habitants d’un territoire donné.

Le régime méditerranéen

Les caractéristiques principales du régime méditerranéen traditionnellement citées sont :

 

(Source Wikipedia)

 

En guise de conclusion

 

  • La responsabilité du cholestérol dans les maladies cardio-vasculaires est loin d’être démontrée.
  • La prise de statines (anti-cholestérols) ne réduit pas les risques de mort par maladies cardio-vasculaires, mais comporte par contre de nombreux effets secondaires indésirables.
  • La meilleure façon de se protéger consiste d’abord à avoir une bonne hygiène de vie :
    • Régime alimentaire sain, diversifié, avec un bon apport en oméga 3 et réduction des oméga 6 (cf « régime méditerranéen »).
    • Ne pas fumer
    • Avoir une activité physique régulière.

 

Cela peut être moins « confortable » que de prendre tous les jours des « pilules miracles », mais c’est plus conforme à la réalité.

Bibliographie

 

1 - Encyclopaedia Universalis 2011

2 - Michel De Lorgeril : Cholestérol, mensonges et propagande

 

 

Mots clés: