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  1. Contrepoint à propos de la santé

Surpoids, obésité, anorexie: « Au delà de la dictature des kilos »

Conférence donnée par Bruno Supiot le 23 juin 2011

Merci à Catherine Dovan pour la transcription et à Yvonne Denjean pour la relecture attentive

 

Si changer ses habitudes était facile, cette conférence n’aurait pas lieu d’être

Je pense que vous allez peut-être être un peu surpris de la façon dont je vais aborder les choses, parce que je ne vais pas forcément parler énormément de ce qu’il faut manger et pas manger, parce que ces principes là sont assez simples. A part si on entre dans les détails, ce qui ne peut pas se faire dans une conférence, une personne en fonction de ses habitudes, de son tempérament etc, on peut ajuster certains éléments de nourriture, mais sinon je pense que tout le monde connait plus ou moins les principes et si la problématique de changer ses habitudes était facile, je n’aurais pas besoin de cette conférence. Dans la pratique que j’ai, je m’aperçois depuis assez longtemps que la plus grande difficulté pour des personnes qui désirent grossir parfois ou maigrir, ou qui ont un souci avec leur corps, la problématique est plus de changer certaines habitudes que de savoir ce qu’il faut faire puisque ce qu’il faut faire est souvent énoncé assez vite. Je vais donc dans cette conférence aborder le sujet en essayant de savoir quelle est notre relation à la nourriture, qu’est-ce qui se passe et pourquoi les choses ne sont pas aussi simples qu’elles pourraient être telles qu’écrites sur le papier.

Les principes d’alimentation saine et d’hygiène de vie s’énoncent en quelques lignes

On est dans un monde où des gens font profession de vendre des régimes de ceci et cela ou qui inventent des théories particulières pour faire vendre leurs livres et tout le marketing qui va autour.

La plupart du temps si on observe les gens qui suivent des régimes, on constate qu’au bout de dix ans ils ont pris du poids, ils n’en ont pas perdu. Ils en ont peut-être perdu à un moment, puis ils en reprennent, etc.. Le constat est que ce qu’on appelle un régime, une méthode qui a pour but de perdre du poids en quelques mois et ensuite on peut reprendre une alimentation différente, ça ne marche jamais. Psychologiquement quand vous le faites, vous vous contraignez par la volonté à manger complètement autrement, alors pendant un temps vous êtes content parce que vous maigrissez et puis à partir d’un moment vous n’en pouvez plus, vous arrêtez le régime et le corps a emmagasiné quelque chose qu’il a assimilé à une famine. Par le passé quand les gens ne mangeaient pas, ils n’avaient pas choisi de ne pas manger, c’est parce que réellement il n’y avait pas de quoi manger. Donc, quand ça revient, le corps se dit naturellement dans les gênes « je vais prendre un peu de réserve et à la prochaine famine, je serai prêt ». Les régimes fonctionnent beaucoup de cette manière.

Manger de tout, en quantité raisonnable, à heures régulières

En dehors des régimes, les règles générales sont de manger assez varié, de manger si possible une nourriture saine, biologique, avec une quantité suffisante de fruits et légumes, de manger aux repas et, en dehors des repas se contenter de manger un peu de fruits. Si on mange comme ça, on a globalement la manière correcte de faire les choses. Il n’y a pas vraiment d’autre règle sinon évidemment de diversifier. Quelque chose de terrible, y compris parfois chez des gens adeptes de l’agriculture biologique, c’est l’idée de panacée : quand les gens décident par exemple de ne manger que des carottes parce que les carottes sont bonnes pour la santé, mais si vous mangez que des carottes, vous allez finir par avoir un souci !

Question sur la suppression des féculents.

Supprimer les féculents de l’alimentation dans l’unique but de maigrir ne va pas en tant que tel donner de grands résultats. Quelquefois, des gens doivent supprimer le pain et le lait à cause des intolérances, et on réussit très bien à gérer les choses. Mais ce n’est pas le fait d’éviter les féculents qui va faire maigrir une personne.

Faire de l’exercice le plus souvent possible (1 heure de marche par jour)

Donc manger de tout en quantités raisonnables, à heures régulières et faire de l’exercice aussi. L’exercice est quelque chose qu’on oublie dans les régimes, mais c’est extrêmement important. En ville, on a des vies très sédentaires et si on ne fait aucun exercice, il est beaucoup plus compliqué d’être en forme globalement. Indépendamment du poids, le corps a besoin d’exercice. Les recommandations ne sont pas toujours tenables pour des gens qui travaillent mais théoriquement il faudrait effectuer au moins une heure d’exercice par jour. Je ne parle pas de sport intense mais essayez de marcher à peu près 1 h par jour ou pratiquer une activité au moins 3 fois par semaine.

L’exercice fait partie des choses importantes mais pas toujours abordées chez les gens qui préconisent des régimes.

Etre raisonnable avec les drogues (cigarettes, alcools)

Il faut également être raisonnable avec tout ce qui est drogues : alcools, cigarettes, différents excitants qui perturbent le métabolisme et peuvent induire des problèmes de santé. Globalement, les excitants réduisent les capacités du corps de faire son travail d’élimination des déchets. Comme ils peuvent dans certains cas restreindre l’appétit, on peut avoir, l’impression qu’ils aident à maigrir. Mais cela n’est pas une situation saine.

Dormir suffisamment, à heures régulières

Et avoir un sommeil régulier.

Tout ce que je viens de dire peut paraître des paroles pieuses parce que pour quelqu’un qui a des insomnies, on peut lui dire de dormir davantage, mais il a des insomnies, alors qu’est-ce qu’il fait ?

Qu’est-ce qui fait que quand on estime qu’on devrait maigrir ou grossir, enfin que quelque chose ne va pas par rapport à son corps, qu’est-ce qui fait que même en ayant l’information de ce qu’il faudrait faire, au bout du compte on n’est pas capable de le faire ou on le fait un peu et puis ça ne marche pas.

Qu’est-ce qui cloche ?

C’est le sujet que je veux aborder pour voir que dans la démarche qu’on peut avoir par rapport à son propre corps (et beaucoup de gens veulent perdre du poids), il y a à élargir la vision de ce qu’on a, de ce que représente l’action de manger, la perception de son corps etc..

Chez l’homme, animal pensant, la nourriture ne peut se réduire à de la chimie, ni à des chiffres (ex : IMC, taux de cholestérol).

C’est-à-dire que lorsqu’on considère juste les apports alimentaires en termes de calories, protéines, glucides, etc.., on oublie une partie fondamentale du processus d’alimentation de l’être humain qui est aussi symbolique. Pour prendre l’exemple des repas, la « cérémonie » du repas chez les êtres humains va au-delà du fait de juste se nourrir. Un animal mange quand il a faim, si c’est un prédateur, il tue un autre animal pour manger, puis il dort etc… Pour l’être humain, la nourriture ne se réduit pas à ça. Des biologistes montrent que si la faim était vraiment déclenchée par un manque, on n’aurait peut-être faim qu’au bout de 15 jours. A partir du moment où on est bien nourri, le corps a suffisamment de réserves  pour ne pas manger pendant plusieurs jours (je ne parle pas de la soif). Et vraisemblablement à l’époque préhistorique, c’était souvent comme ça, surtout en hiver, et pourtant ils survivaient. Notre corps fonctionne encore plus ou moins comme il y a 15000 ans, il n’y a pas de différence génétique marquante entre l’homme d’il y a 15000 ans et l’homme d’aujourd’hui.

Petit à petit, la nourriture est devenue un partage chez les êtres humains et symbolise et représente autre chose que la seule nourriture physique.

Quand on parle de nourriture, on ne se nourrit pas que de nourriture solide : on se nourrit de sons, de sentiments, on ne vit pas qu’avec l’aspect moléculaire. Sinon, on pourrait se faire une piqûre nutritive ou manger des pilules tous les trois jours.

Si on oublie cela, on ne peut trouver de solution, on est pris dans une nasse.

Si on oublie cet aspect affectif et symbolique de la nourriture, on ne peut pas aller en profondeur dans un travail par rapport à la nourriture et envisager un changement dans nos habitudes

 

Le rapport au corps

Perception subjective du corps

Quand on dit « je veux maigrir » ou implicitement « je me trouve gros » ou au contraire maigre, quelque chose en nous dit, par rapport à un étalon extérieur « je ne suis pas comme je devrais être ». On n’a pas une perception objective de son corps. Ce n’est pas le sujet aujourd’hui, mais on pourrait aborder aussi la chirurgie esthétique où des gens vont corriger quelque chose de leur corps qui ne leur plaît pas. Une fois l’opération effectuée, même considérée comme réussie, se sentent-ils mieux dans leur corps ? Il faudrait le leur demander.

Dans la question du poids, on peut aussi arriver dans des zones où la santé est en danger. On voit quand même que l’obésité n’est pas juste un indice de masse corporelle un peu élevé. Par ailleurs, beaucoup de personnes souhaitent maigrir, non pas en rapport avec la santé, mais simplement parce que l’été arrive, on va être sur les plages, et dans les magazines les femmes sont plutôt maigres, donc on veut être maigre parce qu’on veut pouvoir s’exposer sur la plage. Et même sans aller jusque là, on peut se trouver dans la vie de tous les jours gros ou grosse alors qu’au niveau de la santé, il n’y a aucun problème. C’est simplement parce qu’on ne se convient pas. Il est intéressant de faire cette distinction : Quelle est la perception que j’ai de mon corps ? La réponse est propre à chacun d’entre nous, et il est important de commencer par se poser cette question.

Par exemple qu’est-ce qui est beau et qu’est-ce qui est laid ?

Beauté et laideur

Les canons de la beauté ont évolué selon les siècles. Si vous voyez les peintures du XIXe siècle, les femmes étaient plutôt grassouillettes par rapport à ce qu’on considère aujourd’hui comme les canons de la beauté. Et à l’époque les femmes maigres comme les mannequins d’aujourd’hui auraient été considérées vraiment affreuses, mal nourries. Cette notion de beauté ou de laideur est dictée à notre insu par les images collectives qui sont véhiculées dans notre société, nous disant ce qui est beau et ce qui est laid. Il est donc intéressant de se poser la question quand on se trouve gros ou laid, qu’est-ce qui me fait penser çà ? Qu’est-ce qui est « objectif » et qu’est-ce qui est complètement subjectif ? Par exemple, ce qui est objectif par rapport à la santé c’est « j’ai plus de mal à me déplacer qu’avant », « je m’essouffle plus vite qu’avant »: ce sont des critères de santé et de bien être qui peuvent valablement être pris en compte.

Alors que vouloir maigrir uniquement pour des critères esthétiques, c’est probablement se rendre davantage malade. Une personne équilibrée atteint un certain poids, variable déjà selon les années puisqu’une fois la taille adulte atteinte, on ne pèse pas le même poids à 20, 40, 60 ans ; de plus nous ne sommes pas charpentés de la même façon. Le poids de forme n’est pas juste relié à un calcul de masse corporelle, ce n’est qu’une moyenne.

Etre et paraître ? (plus on parait, moins on est)

Distinction entre l’être et le paraître. Plus on parait, moins on est. On est des animaux sociaux et on ne peut pas dire que le paraître n’existe pas, on s’habille, quand on va dans une soirée on s’habille autrement, c’est normal. Par contre, souvent l’être n’est pas assez assuré (souvent chez les plus jeunes), et on compense avec le paraître. On le voit dans les cours de récréation des collèges et des lycées, durant la période de l’adolescence, le paraître est le plus important parce que ce sont des individus qui sont en construction et qui n’ont pas intérieurement l’être qui est suffisamment rassuré. Donc le paraître va être plus fort que l’être, et va jouer sur les codes vestimentaires mais aussi et de façon très forte sur le poids. D’où certaines conduites anorexiques qu’on rencontre souvent chez les adolescentes qui se font une image de leur corps tellement décalée et voient leur santé mise en danger à cause de leur poids trop faible, et se font vomir parce qu’elles considèrent qu’elles sont trop grosses. C’est l’adolescence, et puis arrivé à l’âge adulte, selon l’évolution qu’on peut avoir chacun d’entre nous, on est plus ou moins sûr de soi intérieurement. Et moins on est sûr de soi intérieurement et plus on est sensible à l’aspect paraître : c’est important pour nous de paraître par rapport aux autres parce qu’on n’est pas sûr de soi intérieurement. Donc chacun d’entre nous peut s’interroger aujourd’hui « où en suis-je dans cette question de l’être et du paraître ? », « qu’est-ce qui est important pour moi ? ». Il n’est pas question de se donner des coups, de se flageller mais simplement essayer de faire un point honnêtement, de voir les motivations qu’on pourrait avoir et où on en est sur ce sujet.

Le corps, habitat de l’âme ?

Il y a une distinction classique en occident entre le corps et l’esprit, avec la question de dire que le corps est l’habitat de l’âme. Est-ce que le corps est le reflet de l’âme ? La question qu’on peut se poser alors est la suivante: « Est-ce que je suis mon corps ? » Quand on dit « je suis gros », qu’est-ce que ça veut dire ? On n’est pas gros dans tout, on n’est pas que le corps. Quelle est l’identification à mon corps et jusqu’où va-t-elle ? L’important est d’habiter son corps. La difficulté qu’on a, aujourd’hui en occident et en particulier dans les villes, est bien la difficulté d’habiter son corps. Beaucoup d’entre nous habitent dans uniquement dans leurs têtes. On fait comme si le corps n’existait pas. Il est frappant de constater que le corps ne commence à se signaler à nous que quand il y a des douleurs. Le reste du temps, on l’ignore. On est dans notre tête, dans nos pensées, mais on n’est pas présent dans notre corps. Et par rapport à la problématique du poids et de façon plus générale à celle de la santé, c’est un élément très important.

Qui est-ce qui grossit, ou qui maigrit ou qui guérit ? C’est bien vous, ce n’est pas une personne extérieure. La personne extérieure vous aide, mais c’est vous qui changez. Beaucoup de gens qui consultent en naturopathie restent dans l’approche qui est celle de l’allopathie, avec la demande : « faites moi maigrir » et non pas « comment je vais faire moi pour maigrir, accompagné par quelqu’un ». Comme si il suffisait de prendre quelques pilules pour que ça change de l’extérieur sans que soi-même on ait à se prendre en charge. Donc, la question par rapport au poids est reliée à la question d’habiter son corps, bien plus qu’à la question des kilos.

Quand le poids est d’abord un problème d’image de soi

On subit dans ce cas la dictature de la mode, avec la notion du corps parfait. On s’en inquiète d’autant plus qu’on approche de l’été, qu’on va se retrouver plus ou moins dénudé sur les plages, et qu’on n’a pas envie de montrer nos bourrelets, etc…

Il existe deux dictatures intériorisées sous forme de normes : la norme esthétique et la norme médicale.

La dictature de la norme médicale (IMC, cellulite, régimes, etc…)

Quand on entend parler d’IMC (indice de masse corporelle), de cholestérol, etc... on est bardé de chiffres qui sont censés être des normes. Quand vous faites une analyse de sang, c’est pareil : vous n’êtes plus qu’une série des chiffres qui doivent entrer dans des échelles prédéfinies. Ces échelles ont été définies par des séries statistiques dans laquelle vous êtes fortement incités à entrer. Quand « ça ne rentre pas », vous êtes hors norme, et tout va être fait pour vous y faire rentrer, de gré ou de force ! C’est une dictature assez pernicieuse qui oublie qu’individuellement nous sommes tous différents. Il n’y a plus d’évaluation correcte individuelle en fonction des caractéristiques de la personne. L’IMC est souvent intégré intérieurement par les gens comme un dictat.

 

Quand le poids devient un problème de santé

On suit toujours l’Amérique avec quelques années de retard. Le cas le plus courant est l’obésité mais il y a aussi, encore une fois chez les jeunes femmes, des cas d’anorexie qui peuvent être graves.

L’obésité

Il y a 3 éléments de santé par rapport à l’obésité :

  • Obésité et maladies cardio-vasculaires.

Dans le cas où votre poids comparé à votre taille, vous fatiguez votre cœur, cela va de paire avec des complications cardiaques, vous mettez en danger votre santé et votre vie au bout d’un certain nombre d’années.

  • Obésité et diabète

C’est un facteur d’aggravation du diabète, voir de déclenchement du diabète, qui dans ses formes graves est vraiment une maladie embêtante.

  • Obésité et carences (vitamines, oligo-éléments,…)

Un phénomène moins connu mais que l’on constate souvent : les gens obèses ont souvent des carences en vitamines, oligo-éléments… Selon les études épidémiologiques qui ont été faites, les populations qui ont le plus de surpoids sont souvent les populations plutôt pauvres et qui donc se nourrissent très mal, mangent une nourriture qui vont les faire grossir mais qui comporte aussi des carences. Si vous ne mangez que des hamburgers, vous n’allez pas être bien portant. Vous allez probablement beaucoup grossir mais en même temps vous aurez beaucoup de carences en vitamines, etc…

L’anorexie (en grec : an = sans et orexie = désir => sans désir)

Anorexie vient du grec : an est un préfixe qui enlève, qui veut dire sans. Et orexie veut dire désir. Sans désir, sans appétit aussi.

Anorexie et boulimie

Souvent les gens qui font de l’anorexie ont des phases anorexie/boulimie. La boulimie est un comportement compulsif : les gens  obèses n’ont pas forcément de comportements boulimiques. Ils mangent parfois beaucoup, parfois le problème réside ailleurs. L’obésité étant provoquée par un type de nourriture. Il est difficile de savoir pourquoi beaucoup de gens deviennent obèses parce que beaucoup d’entre eux ne mangent pas de façon exagérée. Alors est-ce que c’est la pollution, la modification de la nourriture avec les sélections des plantes qui font que le corps réagit différemment parfois ? On ne sait pas bien. De l’autre côté on a clairement beaucoup de personnes qui ont besoin d’aides psychologiques absolument indispensables : en particulier les personnes ayant des phases anorexie/boulimie relèvent d’abord d’une aide psychologique.

 

La symbolique de l’alimentation

Nourriture et alimentation

On ne mange pas juste une combinaison de protéines, de glucides, de sucres, etc…, on mange quand même des plats et cela va plus loin que l’aspect physique de ce qu’on mange.

L’alimentation varie selon les cultures et les époques

Les deux noms (« Alimentation » et « Culture ») sont un peu synonymes et ont des variantes dans la langue française.

La façon de se nourrir varie selon les cultures et les époques.

Sans remonter très loin, il y a 100 ans la France comptait globalement 80 % de paysans, ils mangeaient de la viande une fois de temps en temps (ou juste un peu de gras dans le bouillon), et avaient donc une nourriture essentiellement végétarienne avec un peu de viande quand ils pouvaient en avoir ou dans les moments de fête. Et puis il y avait une population minoritaire qui mangeait de la viande de façon tellement exagérée qu’ils mouraient parfois de leurs excès.

Les tabous alimentaires varient aussi. Pour prendre un exemple : les musulmans ne mangent pas de porc et les hindous ne mangent pas de bœuf puisque les vaches sont sacrées en Inde. Il y a des gens en France qui ne mangent pas de cheval alors que d’autres vont en manger. Si je vous propose un plat de gros asticots qu’on mange dans la jungle amazonienne, vous allez peut-être avoir du mal à les avaler!

On voit bien qu’il existe une codification de la nourriture, ce qu’on estime « bon » ou « pas bon », qui est culturelle. On n’est plus dans la question des protéines, des lipides ou des sucres. Chaque époque et chaque culture amène ses règles qu’on suit sans même s’en apercevoir, parce qu’on est né ici : ça nous paraît naturel et on ne se pose pas de questions.

Les modes d’alimentation varient selon les classes sociales à l’intérieur d’un même pays (ce qu’on mange et la manière dont on le mange). Classiquement dans la bourgeoisie, vous aviez une suite de plats codifiée avec un nombre de couverts, le verre à vin, le verre à eau etc… alors que dans les classes populaires, c’était plutôt le saucisson et le pinard, à la bonne franquette.

La façon dont on mange est une façon de se reconnaître entre groupes sociaux.

Le livre de Pierre Bourdieu « Différence et distinction » montre bien que la façon dont se déroule un repas ést très caractéristique de chaque classe sociale.

Tout ceci nous montre bien que manger n’est pas juste d’ingérer de la nourriture indistinctement, mais est aussi une manière de signaler aux autres qui on est.

S’alimenter et la manière qu’on a de manger, c’est signaler aux autres à quel groupe on appartient, c’est une façon de communiquer avec les autres. On est bien dans un registre symbolique qui n’est plus simplement se nourrir pour avoir des calories.

Digestion physique, digestion symbolique

La digestion, le soi et le « non-soi »

Qu’est-ce que la digestion ? Qu’est-ce qui se passe dans la digestion ?

Vous commencez par prendre un aliment extérieur, qui est non soi, vous digérez et par un miracle qui se passe à l’intérieur, ça se transforme en soi, ça va devenir soi. C’est le fondement du processus de digestion. Cette notion de soi et de non soi va très loin car un certain nombre de maladies auto-immunes dérivent de cette problématique : ne pas reconnaître le soi et le non-soi et s’attaquer soi-même par la suite.

Ca passe par deux processus classiques en chimie :

Catabolisme et anabolisme : transformation du « non-soi » en soi

Le catabolisme consiste à dégrader, à déconstruire. Quand vous mâchez, vous réduisez les aliments en bouillies, ensuite des enzymes découpent les protéines en éléments appelés peptides plus petits et ainsi de suite, jusqu’à ce que ça puisse passer dans votre sang.

L’anabolisme c’est la construction. Les médicaments dits anabolisants induisent chez l’individu qui en consomme un développement de la masse musculaire.

La digestion passe d’abord par le catabolisme qui va découper le non-soi en éléments plus petits, qui vont ensuite « passer » dans soi. Puis, par anabolisme, le corps va reconstruire de nouvelles protéines (ou bien d’autres éléments) qui vont être les siennes, faire partie du « soi ».

La digestion c’est donc la transformation du non-soi en soi.

Processus d’assimilation et système immunitaire

Le processus d’assimilation se fait dans les intestins. Normalement, tout ce que vous avez mangé est décomposé en éléments tout petits : quand c’est des protéines, c’est des peptides c’est-à-dire des séquences d’acides aminés. De la même façon les glucides et les lipides sont découpés en fractions suffisamment petites pour qu’elles puissent passer par la lumière des intestins dans le sang et dans la lymphe. La barrière intestinale doit laisser passer des éléments et en arrêter d’autres. Ce n’est pas seulement une question de taille puisque la barrière empêche normalement le passage des microbes et des virus qui sont encore plus petits. La base du système immunitaire est d’abord dans les intestins, puisque c’est là que se passe vraiment la distinction non-soi (encore à l’intérieur de l’intestin) et soi (dans le sang et la lymphe). Des chercheurs ont posé l’hypothèse que pour certaines maladies auto-immunes, les molécules sont insuffisamment coupées en petits morceaux. Pour des raisons de stress, etc... les lumières de la paroi intestinale (qui sont des trous) deviennent plus grosses et des peptides insuffisamment  découpés passent quand même dans le sang alors qu’elles ne devraient pas. A ce moment là, le système immunitaire dit « ce n’est pas moi, j’attaque ». Si les molécules aboutissent par exemple dans les articulations, vous allez avoir des problèmes de polyarthrite rhumatoïde, ou toutes sortes de maladies auto immunes qui seront déclenchées par ce problème là.

A un niveau plus symbolique, c’est aussi ce qui se passe dans notre tête. Quand on mange un steak, déjà au départ il ya une bête vivante. Le processus qui consiste à assimiler et à digérer commence avant le moment où on commence à manger. On peut considérer que le processus d’alimentation commence dès qu’on fait les courses.

Faire les courses, préparer les aliments, cuisiner : les premières étapes de la digestion

Quand on fait la cuisine on est aussi dans ce processus de digestion. On est déjà presque au niveau physique. La vue ou l’odeur déclenche déjà des réactions dans le corps, des réactions de salivation, de production d’insuline dans le sang etc... Le fait de prendre son temps pour élaborer des aliments facilite une vraie digestion. Si vous vous ruez sur la nourriture en mangeant, même si c’est de la bouillie, la phase que je viens de décrire n’aura pas peu avoir lieu

Cuisiner ou « plat cuisiné » (pré-digéré ?)

Un plat industriel est déjà pré-digéré. Ce n’est pas vous qui l’avez confectionné. Je ne dis pas de ne jamais manger de plat cuisiné. Mais dans tout ce processus qui est autant symbolique que purement physique - faire ses courses, choisir des aliments et ensuite les cuisiner - ça a son rôle. Et j’insiste sur l’importance de ce rôle même par rapport à des problèmes d’obésité. Prendre de plus en plus conscience de la façon dont ont fait les choses, y compris dans notre façon de faire les courses,  s’accorder du temps pour cuisiner etc…

Manger « en conscience »

Si vous mangez devant la télé (et encore une fois, je ne dis pas de ne jamais manger devant la télé), ou autre exemple malheureusement très courant : à midi, on travaille, on n’a pas le temps de manger un vrai repas alors on mange un sandwich. Si c’est une fois, c’est une chose, mais si c’est renouvelé tous les jours, avec une bière ou un coca, tout en pensant à autre chose et en allant le plus vite possible parce qu’ensuite vous voulez faire autre chose et que de toute façon vous n’avez pas le temps : le processus de digestion est alors doublement pénalisé. D’une part, parce que vous mangez de la merde, excusez-moi du terme, et d’autre part parce que la manière dont vous mangez ne favorise pas du tout la digestion correcte de ce que vous mangez. Donc, quand bien même vous mangeriez de bons aliments, si vous les mangez comme ça sans conscience, ils ne seront pas digérés aussi bien et ceci pourra amener indirectement de l’obésité et des carences. Vous n’aurez pas assimilé correctement cette nourriture.

Question sur la rapidité à laquelle on mange, la mastication, quelle incidence ?

La mastication est une étape obligatoire, ce n’est pas pour rien qu’on a des dents. Tout ce qui est solide, si vous ne l’avez pas beaucoup mâché, ne pourra pas être digéré correctement puisque les enzymes ne pourront pas pénétrer dans les aliments qui ne seront pas dégradés correctement. La mastication déclenche la production des sucs dans l’estomac et dans les intestins, et déclenche aussi la production d’insuline dans le sang en prévision de l’arrivée de sucres. Tout ce système où l’organisme a le temps de recevoir des informations fait que si vous mangez rapidement, ça ne va pas se produire.

Ce qui est également relié au poids, c’est que la sensation de satiété se produit avec un différé d’à peu près un quart d’heure. Je le vois à la maison avec mes adolescents qui ne sont pas obèses mais toujours affamés. Je leur dis à la fin du repas : « oui, il reste des tartines, si dans 5 mn vous avez encore faim, on en reparle ». Et quasiment tout le temps, 5 mn après, ils n’ont plus faim. La sensation de satiété met un certain temps à remonter au cerveau.

Carences physiques et carences affectives : un défaut d’assimilation ?

Petit parallèle puisque nous ne sommes pas uniquement des êtres physiques. Les problèmes de digestion physiques ont leur pendant en règle générale dans des problèmes d’ordre émotionnel. Des gens qui ne digèrent pas bien physiquement, ne digèrent également pas bien d’autres choses. Sans jugement, il est intéressant de se poser la question, de savoir qu’il y a plusieurs étages dans la digestion et que ce n’est pas juste de la nourriture physique que l’on digère.

Question sur la détermination des carences

Les carences physiques peuvent se trouver dans les analyses sanguines, mais on ne trouve que ce qu’on cherche. Il n’existe pas de possibilité de prendre le sang et de dire : « on va trouver toutes les carences de cette personne». Une analyse est une photo à un instant T, et aussi bien le lendemain vous aurez une autre valeur. Il faudrait en faire tous les jours pendant 1 ou 2 semaines pour avoir une idée réelle des choses. Ensuite la clinique (l’observation des signes) permet de détecter un certain nombre de choses. Et la carence peut provenir d’un défaut d’alimentation (quand on ne mange que des aliments raffinés par exemple) mais peut provenir aussi, et c’est souvent le cas, d’un défaut d’assimilation. Il est plus intéressant d’apprendre à l’organisme à mieux assimiler plutôt que d’essayer de lui faire des complémentations nutritionnelles en permanence. Comme on dit «plutôt que de donner du poisson aux gens, il vaut mieux leur apprendre à pêcher ». Plutôt que de donner des compléments à l’organisme, il vaut mieux lui apprendre à assimiler mieux ce qu’il mange. Ici, en occident, il n’y a pas de raison qu’on ait beaucoup de carences. Ca devient quand même problématique maintenant avec la pollution et toutes sortes de choses et la nourriture désincarnée que l’on trouve dans les supermarchés.

La grande mode en ce moment est la carence en vitamine D. Une façon simple d’augmenter son taux de vitamines D est de s’exposer au soleil puisque la vitamine D est produite par les UV sur la peau. Parfois (personnes âgées par exemple), il faudra toutefois veiller à une supplémentation. Dans un tel cas, il faut vraiment faire un dosage sanguin pour être précis. Toutefois, et sauf cas particulier, j’aurai tendance à chercher à équilibrer la personne pour qu’elle assimile mieux.

Vous pouvez dépenser des fortunes en compléments alimentaires tous les mois. Parfois on tombe sur des gens à l’hôpital à avoir pris n’importe quoi (phénomène plus courant aux Etats Unis).

 

Symbolique du repas

A plusieurs, le repas est un lieu d’échange

On a la chance – pour combien de temps encore ? - en France, d’avoir quand même l’existence de repas, de repas pris en commun.

On se nourrit aussi de discussions

La « cérémonie du repas »

Il est important de « dresser » le couvert (même si on est seul)

Même quand on est tout seul, prendre le temps de faire la cuisine, de se dresser une petite table et de manger avec plaisir, vous digérerez mieux et serez en meilleure santé, au lieu de dire « je suis tout seul, je vais manger un rapidement un truc… ».

Repas versus « plateau télé »

non seulement vous ne discutez pas entre vous, en plus vous n’allez pas être conscients de ce que vous êtes entrain de manger et ne prendrez pas le temps de mâcher comme il faut et la digestion ne va pas bien se faire.

Avoir conscience de ce que l’on mange : de l’intérêt des « bénédicités » dans les temps anciens

Je ne vais pas aborder l’aspect religieux en tant que tel mais je me rappelle parfois d’anciens films américains où des gens disent les bénédicités avant le repas. Indépendamment de croire en Dieu ou pas, ce rituel avait un intérêt de ne pas se ruer sur la nourriture, de prendre son temps et de permettre peut-être d’être plus en conscience avant de manger.

Repas de la semaine et « repas du dimanche »

C’est vrai qu’il est très difficile de préparer tous les repas en semaine. Essayer de préserver au moins les repas du week-end en faisant les courses, préparant le repas…

 

Quantitatif et qualitatif

Qualité et quantité / Ce qui est mesurable et ce qui ne l’est pas / La science et les normes

Je ne dis pas que les normes  n’ont aucun intérêt puisqu’elles permettent de comparer ce qui est comparable, mais les normes ne mesurent que du quantitatif. Or il y a aussi des aspects qualitatifs qui ne sont pas aussi simples que ça. Un exemple que je ne résiste pas à vous citer, celui d’un patient d’une quarantaine d’années qui s’apprêtait à entrer à l’hôpital, à qui on avait enlevé les intestins des années avant, qui avait donc des soucis pour digérer et qui m’apporte un tableau de ce qu’il mangeait pendant la semaine. Je m’aperçois que 4 fois dans la semaine, il mange des frites. Je lui demande comment il les prépare. Il m’explique alors qu’il coupe les pommes de terre (ce qui est déjà bien, il les fait lui-même), il met du beurre, attend que ça soit chaud et verse les frites dessus. Je lui dis ma surprise que la diététicienne ne se soit pas préoccupée du mode de cuisson : elle avait regardé le type et la quantité des aliments qu’il mangeait, mais pas comment il les préparait.

La santé et les normes

Les mesures (taille, poids, analyses de sang, scanner, radios, IRM, etc) sont utiles, mais non suffisantes. La santé n’est pas réductible à des mesures chiffrées. Le poids et les mesures qui en découlent (IMC, indice de masse grasse, etc) donnent une information quantitative, non qualitative. La norme est une indication utile, mais ne doit pas devenir une dictature.

Du point de vue des praticiens, il ne faut pas perdre la clinique. Si vous ne vous basez que sur des chiffres, vous perdez l’être humain. Les chiffres ont leur intérêt mais l’être humain n’est pas réduit à une séquence de chiffres. Le quantitatif n’est pas inintéressant mais il y a tout un côté qui ne sera jamais va par les chiffres : c’est le qualitatif. L’aspect qualitatif à une grande importance dans l’alimentation, où vous ne pouvez pas vous baser uniquement sur la quantité de calories, de protéines… Quelqu’un qui dans une situation réelle d’obésité et qui veut maigrir va devoir faire un comptage. Mais s’il se limite à ce comptage, il risque de ne pas aller au bout de ce qu’il veut faire.

Les normes servent de points de repères.  Mais l’humain ne peut être réduit à une séquence de chiffres.

Les normes scientifiques quantitatives sont basées sur des statistiques

Quelques exemples : le poids (IMC = « indice de masse corporelle » et autres mesures), les triglycérides, le cholestérol, la tension.

Ces normes servent de point de repère et ne doivent pas être prises forcément au pied de la lettre. Des professeurs de médecine aujourd’hui à la retraite déplorent que l’Ecole de Clinique française, qui était très réputée à une époque, ne soit plus que l’ombre d’elle même.

La courbe de Gauss et ses extrêmes

Cette courbe est en forme de cloche: si vous êtes sous la coche, vous êtes dans la norme. Si on prend l’exemple du cholestérol, les chiffres de cette norme étaient plus élevés qu’aujourd’hui : ce qui était normal il y a 30 ans est considéré comme pathologique aujourd’hui.

Si vous êtes dans la norme, tout va bien. Le problème est : « Au secours, je suis hors de la courbe de Gauss !». Si on fait les choses intelligemment, on dit : « vous n’êtes pas dans la courbe mais on va prendre d’autres paramètres en compte, voir si c’est embêtant ou non ».

 

Problématique des régimes

Les régimes destinés à faire perdre des kilos rapidement sont nocifs pour la santé. Le seul vrai régime qui a un intérêt, c’est le changement alimentaire que vous allez suivre dans la durée. Un tel régime agira lentement, et c’est cette lenteur qui sera gage de stabilité. A court terme, un régime « efficace » (qui fait rapidement perdre des kilos) fatigue le cœur.

Perdre du poids trop rapidement affaiblit la personne et met la santé en danger. Certaines personnes sont mortes d’avoir fait des régimes.

A long terme, les personnes qui suivent régulièrement des régimes ont un poids en « yoyo » et sont finalement plus grosses qu’elles ne l’auraient été sans rien faire.

Le grand régime à la mode hyper-protéiné, le régime Ducan a le vent en poupe en ce moment.

Intervention : ce régime commence à être un peu décrié, a été récemment en procès avec un diététicien qui trouve ce régime assez néfaste. Pour la santé publique, des professionnels de santé mettent une alerte sur ce régime qui a été suivi par des centaines de milliers de personnes. Avec une telle notoriété, il y a parfois une fausse interprétation du régime : certaines personnes auront potassé quelques livres, mais d’autres n’auront capté des informations sur que sur Internet ou par une copine.

Au niveau des régimes, quelque chose qui s’inscrit dans la durée, je vais peut-être vous surprendre, c’est weightwatcher, qui marche bien, donne des recettes équilibrées, s’inscrit dans une durée et s’appuie sur le groupe pour avancer. Une fois qu’on en a pris l’habitude, on peut manger comme ça pendant des années. Il existe tout un système autour, avec des gens qui font des réunions, qui se stimulent. Donc, prend en compte l’aspect social et psychologique.

 

Par où commencer ?

On peut parfois commencer par se rendre compte qu’il n’y a pas de nécessité de maigrir (sur le plan de la santé).

Un certain nombre de personnes peuvent déjà distinguer ce qui est un problème de santé et ce qui ne l’est pas, d’être conscient de distinguer les deux choses. La santé il faut s’en occuper rapidement. Quand elle n’est pas immédiatement en cause, on peut réfléchir à nos motivations.

Même quand il est nécessaire de maigrir, ou de grossir, il faut commencer par apprendre à s’aimer soi-même, tel que l’on est.

Souvent il y a un problème d’image de soi. Il faut partir de là où on en est, non pas pour dire « je suis comme ça et ça ne bougera pas », mais pour accepter qu’on est dans cette situation, et accepter de s’aimer tel qu’on est. Parce que le déni ne permet jamais d’avancer. Si vous vous dites « je ne m’accepte pas comme je suis, je suis horrible, je suis trop gros.. », ce n’est pas un bon départ pour faire quelque chose dans la durée. Le bon départ est d’être dans la réalité et pas dans le fantasme, de ne pas être dans le déni, et de s’accepter tel qu’on est maintenant, « je vais commencer par m’apprécier, apprendre à m’aimer moi-même tel que je suis ».

C’est également pertinent pour le vieillissement, puisqu’on ne reviendra pas en arrière. C’est donc important de l’accepter. Avoir du dynamisme, être joyeux… On peut être en santé jusqu’à la fin de ses jours.

Il faut être honnête avec soi-même et ne pas « se raconter des histoires »

Etre le plus possible dans la réalité. Par exemple, s’il faut perdre beaucoup de kilos, ne pas penser qu’au bout de 2 mois ce sera réglé.  Autant poser les choses comme elles sont, plutôt que fantasmer des choses qui ne sont pas.

Parfois il faut reconnaître que l’on ne peut pas s’en sortir seul, et accepter d’être accompagné par un thérapeute

Il faut accepter d’être accompagné par les proches et parfois aussi par quelqu’un d’extérieur, neutre, bienveillant et qui va être un point de repère qui aide. Au départ on n’est parfois pas suffisamment fort pour s’en sortir tout seul. Il y a des fois une espèce d’orgueil mal placé qui fait qu’on va répéter et répéter la même chose. Quand il s’agit de faire quelque chose qui coûte, dans la durée, qu’on va traverser des moments qui ne vont pas être faciles, c’est bien de pouvoir en référer à quelqu’un d’extérieur qui ne va pas être pris dans tous vos remous, qui sera capable de remettre les choses à leur place à un moment ou un autre, dans un sens ou dans l’autre, pour dédramatiser et poser un autre regard sur la situation.

Dans tous les cas, il faut cultiver ce qui manque le plus souvent dans notre société : la joie et l’amour

On vit dans un monde très anxiogène : on entend sans arrêt des nouvelles horribles, d’explosions nucléaires, de guerre… Le fait d’être sans arrêt envahi de telles informations peut faire partie du problème. Il faut savoir couper la télé, les informations.

 

Cultiver la joie, aimer la vie, c’est le moteur le plus profond qui va permettre de faire bouger tout le reste.

 

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