La Ronce : alliée insoupçonnée de nos maux de gorge

 

Parmi les plantes amies de notre gorge, il en est une à laquelle nous ne pensons pas forcément en premier lieu, mais qui peut toutefois faire des merveilles dans le soin des refroidissements propre à la saison d’automne que nous traversons en ce moment: j’ai nommé la ronce.

Ronce

 

Les ronces appartiennent à la famille des rosacées, et les botanistes en recensent plus de mille espèces distinctes. Toutefois, pour le commun des mortels, on va surtout en distinguer deux particulières:

  • Le framboisier (Rubus Idaeus) dont tout le monde connait les fruits succulents. Les populations néolithiques consommaient déjà des framboises sauvages, et la culture du framboisier en Europe remonte au haut moyen-âge (1)
  • La ronce des bois (Rubus Fructosis) dont le fruit – la mure – est un délice à consommer lors des ballades en forêt de début d’automne.

Ronce: fleur

Mures

Framboises

Le nom latin Rubus, qui désignait à la fois Ronce, Framboisier et Eglantier, vient de l’adjectif « ruber » qui veut dire « rouge », et se rapporte donc plutôt aux fruits qu’aux feuilles.

Les propriétés thérapeutiques des ronces dont nous allons parler concernent  l’espèce Rubus Fructosis (les jeunes pousses de framboisier ont également une utilité dans les règles douloureuses et les troubles de la ménopause).

Le Manuel pratique de la santé par les plantes (2) situe la ronce parmi les plantes agissant principalement sur la sphère ORL, et lui donne pour indications principales

  • diarrhée, dysenterie ;
  • refroidissements : grippe, toux ; angine, amygdalite.

Dans son encyclopédie des plantes bio-indicatrices (3), Gérard Ducerf nomme également un autre domaine de prédilection des ronces:

  • Régénérateur des os et des cartilages
  • Ostéoporose.

Cela rejoint son utilisation en gemmothérapie (préparations pharmaceutiques à base de bourgeons et de jeunes pousses). Le livre « Rajeunir vos tissus avec les bourgeons (4) indique que « les jeunes pousses de ronces ont une bonne action sur certains problèmes de rhumatismes, en particulier certaines arthroses, sur l’ostéoporose et sur les fibromes utérins ».

Comment utiliser la ronce ?

Ce sont les feuilles qui vont être utilisées. Le constituant pharmacologique principal des feuilles et du tanin, ce qui leur donne un goût amer, mais aussi ses propriétés soignantes. Si vous voulez les récolter vous même, il faudra attendre le printemps prochain (à l’automne, les feuilles auront perdu la plupart de leurs propriétés). On trouve par contre facilement dans le commerce des tisanes de ronce ou feuilles de ronces séchées.

En phytothérapie traditionnelle, la ronce peut se consommer en décoction (on fait bouillir l’eau dans laquelle on a plongé les plantes) ou en infusion (on plonge les plantes dans de l’eau frémissante, sans laisser le feu allumé).

Recettes:

Le livre l’herboristerie (3) indique:

  • Infusion : 20 g de feuilles/ litre d’eau, boire 3 tasses/ jour.
  • Décoction : 40 à 50 g de feuilles ou boutons ou rameaux ou écorce de racine par litre d’eau.

Le livre des bonnes herbes de Lieutaghi (4) a plutôt une préférence pour les décoctions (laisser bouillir pendant 2mn, puis laisser infuser pendant 10 mn)

  • 50 à 100 grammes de feuilles séchées: laisser bouillir pendant 2mn, puis laisser infuser pendant 10 mn:
    • En gargarisme dans les angines et les pharyngites
    • En bains de bouche pour les aphtes, les stomatites, les maux de dents, les inflammations des gencives.

Le Dictionnaire des plantes de Paul-Victor Fournier (1) recommande quant à lui:

  • Décoction de boutons, fleurs, racines, rameaux, écorce de racine: 30 à 50 grammes par litre d’eau
    • 3 tasses par jour entre les repas
    • pour gargarismes: 50 à 100 grammes par litre; ajouter  2 cuillerées de miel, 4 à 15 grammes d’alun et autant de borax en poudre si l’on désire en renforcer l’action.

Thé de ronces

Dans un registre non thérapeutique, sachez également qu’il est possible de remplacer le thé par une infusion de feuilles de ronces. Si l’on privilégie le « consommer local », cela mérite réflexion.

Bibliographie:

  • 1) Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France (Paul-Victor Fournier)
  • 2) L’herboristerie : Manuel pratique de la santé par les plantes : Phytothérapie, aromathérapie, oligothérapie, vitaminothérapie (Patrice de Bonneval)
  • 3) Encyclopédie des plantes bio-indicatrices (Gérard Ducerf)
  • 4) Rajeunir nos tissus avec les bourgeons (Max Tétau et Daniel Scimeca).
  • 5) Le livre des bonnes herbes (Pierre Lieutaghi)